Les hypothèses
Quelles sont les
difficultés ou les paradoxes qui rendent l’éducation impossible à réaliser ou à
atteindre les objectifs issus de l’imaginaire social ?
En m’appuyant
sur les 3 principes cités précédemment, je suppose que :
a)
Du point de vue environnemental, la confrontation de 4
pouvoirs ou groupements institutionnels (conseil général/parents/secteur
psychiatrique/secteur médico-social) et leurs intérêts plus ou moins divergents
ne permettent pas d’envisager la définition de la fonction éducative d’une
façon unifiante.
b)
Du point de vue de la différenciation, l’absence de
clarté théorique, les infiltrations subjectives de la définition de la
fonction, les pathologies rencontrées particulièrement difficiles ainsi que le
développement technocratique et par conséquent taylorien de la
profession ; rendent la fonction éducative impossible (ou tout au moins
difficile) à réaliser.
c)
Du point de vue de la coordination, je suppose que les
problématiques organisationnelles inhérentes aux établissements finissent par
définir la fonction éducative d’une façon « locale » et par
conséquent arbitraire.
Il s’agit donc d’un métier
impossible ? Pourtant l’histoire de l’éthologie nous renseigne que
nous ne pouvons pas exister en tant que société sans système éducatif ;
parce qu’en définitive il représente la condition de notre inscription dans une
organisation culturelle qui permet la perpétuation de l’homme en tant qu’espèce.
Pour ma part je
pense que les solutions existent. La loi de 2002 vient de recentrer
l’intervention éducative, en plaçant l’usager au centre du dispositif. Ce
recadrage permet de faire l’économie de certaines confusions longtemps
entretenues par la précédente organisation proposée. Le message est
clair : avant d’institutionnaliser une personne, il faut d’abord la (re)
structurer.
La méthodologie
A l’heure
actuelle, l’éducation en tant que profession est confrontée à un ensemble de
difficultés qui compliquent sa réalisation. Ces multiples difficultés et
paradoxes, même d’origine différente, sont cependant interdépendants, d’où leur
complexité.
Afin de les
appréhender dans leur ensemble et mettre en évidence les hypothétiques
« impossibilités » de la réalisation de la fonction éducative (dans
le secteur médico-social) ; méthodologiquement je me suis appuyé sur les 3
principes de l’organisation :
v
principe d’adaptation[1]
v
principe de la différenciation et
v
principe de la coordination
A travers le
principe de l’adaptation, j’ai examiné les attentes de l’environnement,
constitué par le conseil général, l’association des parents, le secteur
psychiatrique et les établissements.
En ce qui
concerne le principe de la différenciation, celui-ci m’a permis d’examiner la
fonction éducative à travers différentes professions et la façon dont celles-ci
l’appréhendent. Quant au principe de la coordination celui-ci m’a permis
d’étudier à la fois les difficultés inhérentes de l’organisation (problématiques)
et la façon dont chaque établissement (un foyer de vie, un foyer occupationnel
et un IMPRO) définit la fonction éducative.
Pour réaliser
cette étude je me suis appuyé, en ce qui concerne la première dimension du
problème, sur les données recueillies à travers l’étude du projet d’une
association et du projet d’un établissement ; ainsi que les rapports
qu’entretiennent les 4 instances impliquées (conseil général, association des
parents, hôpital psychiatrique et établissements).
En ce qui
concerne les deux autres dimensions du problème (fonction et organisation), je
me suis appuyé sur des entretiens individuels (guide d’entretiens)
réalisés auprès d’une dizaine de professionnels dont un chef de service et une
directrice. Ces données ont été complétées par mes propres observations
puisque j’ai exercé en tant que psychologue dans les trois établissements objets
d’étude.
Les données
recueillies ont été exploitées par le biais de l’analyse stratégique et
systémique ainsi que celui de la socio-psychanalyse. J’ai choisi ce double
cadre théorique parce que les données recueillies requièrent une lecture
« interactionniste » (approche synchrone) et
« structuraliste » (approche diachrone).
[1] FOUDRIAT M. Sociologies
des organisations, Paris, Pearson Education, 2005. FREUD S. Totem et tabous, Paris, Payot 1965
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