mardi 3 janvier 2017

L EDUCATION : UN MÉTIER IMPOSSIBLE
Les hypothèses
Quelles sont les difficultés ou les paradoxes qui rendent l’éducation impossible à réaliser ou à atteindre les objectifs issus de l’imaginaire social ?
En m’appuyant sur les 3 principes cités précédemment, je suppose que :

a)      Du point de vue environnemental, la confrontation de 4 pouvoirs ou groupements institutionnels (conseil général/parents/secteur psychiatrique/secteur médico-social) et leurs intérêts plus ou moins divergents ne permettent pas d’envisager la définition de la fonction éducative d’une façon unifiante.
b)      Du point de vue de la différenciation, l’absence de clarté théorique, les infiltrations subjectives de la définition de la fonction, les pathologies rencontrées particulièrement difficiles ainsi que le développement technocratique et par conséquent taylorien de la profession ; rendent la fonction éducative impossible (ou tout au moins difficile) à réaliser.
c)      Du point de vue de la coordination, je suppose que les problématiques organisationnelles inhérentes aux établissements finissent par définir la fonction éducative d’une façon « locale » et par conséquent arbitraire.
Il s’agit donc d’un métier impossible ? Pourtant l’histoire de l’éthologie nous renseigne que nous ne pouvons pas exister en tant que société sans système éducatif ; parce qu’en définitive il représente la condition de notre inscription dans une organisation culturelle qui permet la perpétuation de l’homme en tant qu’espèce.
Pour ma part je pense que les solutions existent. La loi de 2002 vient de recentrer l’intervention éducative, en plaçant l’usager au centre du dispositif. Ce recadrage permet de faire l’économie de certaines confusions longtemps entretenues par la précédente organisation proposée. Le message est clair : avant d’institutionnaliser une personne, il faut d’abord la (re) structurer.

La méthodologie
A l’heure actuelle, l’éducation en tant que profession est confrontée à un ensemble de difficultés qui compliquent sa réalisation. Ces multiples difficultés et paradoxes, même d’origine différente, sont cependant interdépendants, d’où leur complexité.
Afin de les appréhender dans leur ensemble et mettre en évidence les hypothétiques « impossibilités » de la réalisation de la fonction éducative (dans le secteur médico-social) ; méthodologiquement je me suis appuyé sur les 3 principes de l’organisation :
v  principe d’adaptation[1]
v  principe de la différenciation et
v  principe de la coordination
A travers le principe de l’adaptation, j’ai examiné les attentes de l’environnement, constitué par le conseil général, l’association des parents, le secteur psychiatrique et les établissements.
En ce qui concerne le principe de la différenciation, celui-ci m’a permis d’examiner la fonction éducative à travers différentes professions et la façon dont celles-ci l’appréhendent. Quant au principe de la coordination celui-ci m’a permis d’étudier à la fois les difficultés inhérentes de l’organisation (problématiques) et la façon dont chaque établissement (un foyer de vie, un foyer occupationnel et un IMPRO) définit la fonction éducative.

Pour réaliser cette étude je me suis appuyé, en ce qui concerne la première dimension du problème, sur les données recueillies à travers l’étude du projet d’une association et du projet d’un établissement ; ainsi que les rapports qu’entretiennent les 4 instances impliquées (conseil général, association des parents, hôpital psychiatrique et établissements).
En ce qui concerne les deux autres dimensions du problème (fonction et organisation), je me suis appuyé sur des entretiens individuels (guide d’entretiens) réalisés auprès d’une dizaine de professionnels dont un chef de service et une directrice. Ces données ont été complétées par mes propres observations puisque j’ai exercé en tant que psychologue dans les trois établissements objets d’étude.

Les données recueillies ont été exploitées par le biais de l’analyse stratégique et systémique ainsi que celui de la socio-psychanalyse. J’ai choisi ce double cadre théorique parce que les données recueillies requièrent une lecture « interactionniste » (approche synchrone) et « structuraliste » (approche diachrone).







[1] FOUDRIAT M. Sociologies des organisations, Paris, Pearson Education, 2005. FREUD S. Totem et tabous, Paris, Payot 1965

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