samedi 17 octobre 2015

PROPOSITIONS SUITE A LA LECTURE DU COMPTE RENDU A PROPOS DES RISQUES PSYCHO-SOCIAUX AU SEIN D’UN FOYER DE VIE


Les analyses sont présentées sous la forme d’hypothèses explicatives, et ne sont exprimées qu’en tant que lecture socio-psychologique, pouvant contribuer à une meilleure exploitation des données recueillies. 

1.     La considération (estime et respect)
Il s’agit là de la thématique principale, retenue par le superviseur des réunions effectuées. .
Celle-ci se compose de 3 grands axes :
-          Déstabilisation émotionnelle : l’accent a été mis sur la notion de la « perte » (d’autonomie, de réseaux, de compétence)
-          Déficit de régulation : perte de sens, approche « technocratique » du travail, (protocoles, projets personnalisés…) manque de cohésion et d’esprit d’équipe
-          Le quotidien : SAS de cellule de soutien psychologique, dévalorisation des agents de service, « défense » des métiers.
Ces grandes sous thématiques ont été détaillées dans le chapitre des « Constats ».

2.     Analyse des thématiques
Il faut signaler que les constats proposés, ne représentent pas forcement, la globalité des préoccupations des travailleurs exerçant au sein de la structure.  Il semble par ailleurs que la thématique concernant le « management », n’a pas été retenue lors de la présentation de ce résumé.  A cela il faut ajouter que certains constats, véhiculent des représentations inconscientes qui ne sont pas forcément « lisibles » à travers une approche purement phénoménologique.

 2.1 Approche socio-dynamique
 Cette approche permet d’analyser et de comprendre, ce que le professionnel « joue » de personnel au sein de la structure. Cela concerne la façon dont il vit affectivement son implication au travail, et ses relations aux autres.

La thématique retenue (la considération) par le superviseur, laisse clairement supposer que les préoccupations des professionnels, semblent être de nature « affective ».
La notion de la «considération », d’une façon générale, est une « constante » qui « émerge » lors  de la confrontation du professionnel à tout fonctionnement institutionnel.
Soulignons par ailleurs que celle-ci, initialement, est indépendante de tout dysfonctionnement ou pas, institutionnel. 

Plus précisément elle renvoie à 3 réactions  ou à des difficultés éprouvées par le professionnel. Celles-ci s’expriment habituellement, suite à sa confrontation à « l’autorité » ; et concernent :
v  La perte de la « mère institution » gratifiante, qui en tant qu’agent de régulation, est censée de résoudre les difficultés auxquelles est confronté le professionnel.
v  La découverte lors de sa confrontation à l’environnement du travail, de sa partie « manquante » qui doit combler avec des nouvelles acquisitions nécessaires (j’entends par partie manquante, certaines compétences professionnelles ; voire personnelles, qui fragilisent l’image de soi (manque>perte).
v  L’obligation de se « plier » à des lois  externes au professionnel,  qui nécessite  l’abandon de ses représentations personnelles du pouvoir.

2.1.1. La déstabilisation émotionnelle :        
Il s’agit d’une thématique qui exprime les « régressions psychiques » des professionnels au sein da la structure. Celles-ci sont étroitement liées à la façon dont le manager exerce son autorité. Cette  déstabilisation émotionnelle a été exprimée par :
·         L’évocation de la « perte de l’autonomie », qui concerne l’exercice du « pouvoir » des professionnels au sein de l’établissement ; et elle est liée aux limites imposées par le manager et les lois qui régissent le fonctionnement de l’établissement.
·         Les compétences qui s’expriment  sous leur forme dialectique : par leur non reconnaissance ou par un manque de compétences qui ne permet pas au professionnel de faire face aux exigences de sa profession (dimension narcissique).
·         L’absence de la collaboration avec les réseaux (partenaires), exprime les besoins du professionnel d’un soutien qui lui permet de faire face aux difficultés de son exercice.

2.1.2 Le déficit de la régulation 

·         La perte du sens évoque la difficulté du professionnel à représenter un métier qui est avant tout symbolique.
·         Les exigences techniques de l’évolution du métier d’éducateur (en général), renvoient le professionnel, à ses parties manquantes.
·         Le manque de cohésion et d’esprit d’équipe, renvoie aux conflits entre professionnels et par conséquent à un déficit d’autorité.

2.1.3. Le quotidien

·         Le besoin d’un soutien psychologique (en dehors de la confrontation du professionnel à ses difficultés professionnelles), renvoie au traitement de sa propre problématique existentielle.
·         Les stratégies collectives de défense des métiers, témoignent sans doute, de la concurrence entre professionnels et renvoient aux sentiments envieux, liés aux statuts et à l’importance de ses collègues
·         Quant aux agents de service, la réclamation de la « valorisation », est liée à leur propre représentation de leur métier (déficit narcissique).


 2.2 Approche organisationnelle (analyse systémique et stratégique)
Cette approche permet d’analyser et de comprendre les difficultés des professionnels, du point de vue purement organisationnel.

2.2.1 La déstabilisation émotionnelle
En ce qui concerne la remarque de la « déstabilisation  émotionnelle » avec la perte d’autonomie, des réseaux et des compétences, celles-ci soulèvent les points suivants :
·         La perte d’autonomie  désigne le paradoxe professionnel auquel sont confrontés, à savoir : « comment exercer le statut du substitut parental, tout en obéissant à des consignes et à des règles qui risquent d’entraver leur statut d’adulte.
·         La perte des réseaux évoquent sans doute, le besoin des individus de se sentir impliquer tout au long du processus de l’accompagnement ; à savoir collaborer avec l’ensemble des partenaires qui s’impliquent de près ou de loin à la vie de l’usager (environnement).
·         La perte des compétences, concerne une demande « masquée »  des manques auxquels sont confrontés les professionnels pour gérer une pathologie qui souvent les dépassent. 

2.2.2 Le déficit de régulation, à travers la perte de sens, le fonctionnement des équipes « déstructuré » et l’approche « technocratique (procédures et protocoles), expriment sans doute sans doute :
·         La perte du sens évoque l’absence d’une ligne directrice, du projet de l’établissement. Il s’agit sans doute d’un déficit de repère et d’attribution du sens par l’absence d’objectifs clairs et aussi de façon de la façon dont on peut les réaliser (il s’agit d’un simple accompagnement d’usagers autonomes ou d’une approche éducative ou occupationnelle etc).
·         Le sentiment de « déstructuration» des équipes, trahit sans doute l’absence des projets d’unités communs, qui permettrait d’harmoniser les pratiques entre les professionnels impliqués. A cela il faut ajouter le déficit d’organisation « administrative » du groupe qui requiert une meilleure répartition des tâches.
·         L’exigence « technocratique », trahit sans doute les difficultés des professionnels à répondre aux nouvelles exigences du métier. L’élaboration des projets personnalisés, le respect des protocoles et de la démarche qualité, complexifie un travail qui jusque là était exprimé d’une façon orale. 

2.2.3 Le  quotidien,  l’équipe a évoqué la stratégie collective des métiers », le besoin d’un soutien psychologique, et la valorisation des agents de service au sein du dispositif global.
·         La stratégie collective des métiers traduit une problématique professionnelle qui découle du phénomène suivant : ces dernières décennies, on a créé plus de 50 métiers dans le social, en les définissants par leurs objectifs tout en oubliant d’expliquer du « comment » de leur réalisation. Indépendamment de cette problématique de la prolifération qui complique l’exercice du travailleur social ; les équipes sont confrontées à un morcellement du travail et de l’accompagnement, éducatifs. Sans oublier que la hiérarchisation du travail crée des antagonismes, des tensions, voire des conflits au sein d’un même groupe.
·         Le besoin d’une aide psychologique, marque la détresse des professionnels, confrontés souvent à une pathologie des usagers qui les dépassent. Celle-ci ne dégrade pas seulement leur équilibre mental et psychique mais réveille aussi des problématiques personnelles qui la plus part du temps demeurent inconscientes et ne s’expriment qu’à travers divers symptômes. A cela il faut ajouter que « l’ignorance » des maladies mentales comme la psychose, les déficiences et autres syndromes psychiatriques, vient d’accentuer le malaise du professionnel qui a du ma à comprendre ce qu’il subit de la part de l’usager.
·         Quant à la « dévalorisation » des agents de services généraux, celle-ci peut interroger les dirigeants quant à l’utilité ou pas de leur intégration au sein de la vie d’un groupe donné où ils exercent régulièrement. Ces personnes en dehors de leur spécificité technique, développent et entretiennent des relations avec les usagers et de leurs problèmes et tracas. Dans ce cas se pose le problème des rapports humains et la nécessité de les formaliser ou pas.

3.     Propositions :
Le réexamen du compte rendu de ce groupe de travail, me fait supposer qu’il faudrait sans doute prendre en compte et de traiter les points suivants  (en les intégrant sur la liste déjà proposée):
-          L’exercice de l’autorité (équipe de direction) qui garantit l’évitement des « régressions professionnelles », de certains individus, source probable de tensions et autres conflits divers. 
-          Clarifier et signifier le sens du travail réalisé, en définissant clairement les objectifs et par conséquent la « vocation » de ce foyer (projet de l’établissement).
-          Création des projets d’unité (groupe), qui permettra d’harmoniser le travail de chaque équipe, groupe ou unité.
-          Une plus rigoureuse définition de la répartition des tâches au sein de chaque équipe et de l’organisation globale du foyer (éliminer les zones grises source de « jeux d’acteurs ».
-          Création des groupes de supervision (à ne pas confondre avec l’exercice d’analyse de pratiques qui  lui, vise le renforcement de l’identité professionnelle) ; sur une base de volontariat avec un professionnel totalement extérieur à l’établissement. Il s’agit de traiter la souffrance ou les traumatismes voire les problématiques individuelles des professionnels, confrontés à une population souffrant d’une psychopathologie qui vient souvent dégrader la santé mentale des intervenants.
-          Le renforcement à travers la formation continue, des notions théoriques, cliniques et pratiques nécessaires  pour armer les professionnels avec des outils appropriés pour traiter la pathologie des usagers. Dans ce sens l’accent doit être mis aussi sur les concepts éducatifs (du point de vue développemental) qui servent de référence et peuvent structurer encore mieux leurs interventions sur le terrain.


-          Réexaminer la nécessité ou pas de maintenir une hiérarchisation des différentes qualifications qui composent l’ensemble de l’équipe ; en répartissant le travail entre les membres en termes de responsabilités. 

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