PROPOSITIONS SUITE A LA
LECTURE DU COMPTE RENDU A PROPOS DES RISQUES PSYCHO-SOCIAUX AU SEIN D’UN FOYER
DE VIE
Les analyses sont présentées sous la forme
d’hypothèses explicatives, et ne sont exprimées qu’en tant que lecture
socio-psychologique, pouvant contribuer à une meilleure exploitation des
données recueillies.
1. La considération (estime et respect)
Il s’agit là de la thématique principale,
retenue par le superviseur des réunions effectuées. .
Celle-ci se compose de 3 grands
axes :
- Déstabilisation
émotionnelle : l’accent a été mis sur la notion de la
« perte » (d’autonomie, de réseaux, de compétence)
- Déficit
de régulation : perte de sens, approche
« technocratique » du travail, (protocoles, projets personnalisés…) manque
de cohésion et d’esprit d’équipe
- Le
quotidien : SAS de cellule de soutien psychologique, dévalorisation
des agents de service, « défense » des métiers.
Ces grandes sous thématiques ont été
détaillées dans le chapitre des « Constats ».
2. Analyse des thématiques
Il faut signaler que les constats
proposés, ne représentent pas forcement, la globalité des préoccupations des
travailleurs exerçant au sein de la structure. Il semble par ailleurs que
la thématique concernant le « management », n’a pas été retenue lors
de la présentation de ce résumé. A cela il faut ajouter que certains
constats, véhiculent des représentations inconscientes qui ne sont pas
forcément « lisibles » à travers une approche purement
phénoménologique.
2.1 Approche
socio-dynamique
Cette approche permet d’analyser et
de comprendre, ce que le professionnel « joue » de personnel au sein
de la structure. Cela concerne la façon dont il vit affectivement son
implication au travail, et ses relations aux autres.
La thématique retenue (la considération)
par le superviseur, laisse clairement supposer que les préoccupations des
professionnels, semblent être de nature « affective ».
La notion de la «considération », d’une façon générale, est une
« constante » qui « émerge » lors de la confrontation
du professionnel à tout fonctionnement institutionnel.
Soulignons par ailleurs que celle-ci, initialement, est indépendante de
tout dysfonctionnement ou pas, institutionnel.
Plus précisément elle renvoie à 3
réactions ou à des difficultés éprouvées par le professionnel. Celles-ci s’expriment
habituellement, suite à sa confrontation à « l’autorité » ; et
concernent :
v La perte de la
« mère institution » gratifiante, qui en tant qu’agent de régulation,
est censée de résoudre les difficultés auxquelles est confronté le
professionnel.
v La découverte lors de sa
confrontation à l’environnement du travail, de sa partie
« manquante » qui doit combler avec des nouvelles acquisitions
nécessaires (j’entends par partie manquante, certaines compétences
professionnelles ; voire personnelles, qui fragilisent l’image de soi
(manque>perte).
v L’obligation de se
« plier » à des lois externes
au professionnel, qui nécessite
l’abandon de ses représentations personnelles du pouvoir.
2.1.1. La déstabilisation émotionnelle :
Il s’agit d’une thématique qui exprime les
« régressions psychiques » des professionnels au sein da la
structure. Celles-ci sont étroitement liées à la façon dont le manager exerce
son autorité. Cette déstabilisation
émotionnelle a été exprimée par :
·
L’évocation de la « perte de l’autonomie »,
qui concerne l’exercice du « pouvoir » des professionnels au sein de
l’établissement ; et elle est liée aux limites imposées par le
manager et les lois qui régissent le fonctionnement de l’établissement.
·
Les compétences qui
s’expriment sous leur forme
dialectique : par leur non reconnaissance ou par un manque de compétences
qui ne permet pas au professionnel de faire face aux exigences de sa
profession (dimension narcissique).
·
L’absence de la collaboration avec les réseaux
(partenaires), exprime les besoins du professionnel d’un soutien qui lui
permet de faire face aux difficultés de son exercice.
2.1.2 Le déficit de la régulation
·
La perte du sens évoque la difficulté du
professionnel à représenter un métier qui est avant tout symbolique.
·
Les exigences techniques de
l’évolution du métier d’éducateur (en général), renvoient le professionnel, à ses
parties manquantes.
·
Le manque de cohésion et
d’esprit d’équipe, renvoie aux conflits entre professionnels et par conséquent à un
déficit d’autorité.
2.1.3. Le quotidien
·
Le besoin d’un soutien
psychologique (en dehors de la confrontation du professionnel à ses difficultés
professionnelles), renvoie au traitement de sa propre problématique
existentielle.
·
Les stratégies
collectives de défense des métiers, témoignent sans doute, de la concurrence
entre professionnels et renvoient aux sentiments envieux, liés aux
statuts et à l’importance de ses collègues
·
Quant aux agents de
service, la réclamation de la « valorisation », est liée à leur propre représentation
de leur métier (déficit narcissique).
2.2 Approche organisationnelle (analyse systémique et stratégique)
Cette approche permet d’analyser et de comprendre les difficultés des
professionnels, du point de vue purement organisationnel.
2.2.1 La déstabilisation émotionnelle
En ce qui concerne la remarque de la « déstabilisation
émotionnelle » avec la perte d’autonomie, des réseaux et des compétences,
celles-ci soulèvent les points suivants :
·
La perte d’autonomie désigne le paradoxe professionnel
auquel sont confrontés, à savoir : « comment exercer le statut du
substitut parental, tout en obéissant à des consignes et à des règles qui
risquent d’entraver leur statut d’adulte.
·
La perte des réseaux évoquent sans doute, le
besoin des individus de se sentir impliquer tout au long du processus de
l’accompagnement ; à savoir collaborer avec l’ensemble des partenaires qui
s’impliquent de près ou de loin à la vie de l’usager (environnement).
·
La perte des compétences, concerne une demande
« masquée » des manques auxquels sont confrontés les
professionnels pour gérer une pathologie qui souvent les dépassent.
2.2.2 Le déficit de régulation, à travers la perte de
sens, le fonctionnement des équipes « déstructuré » et l’approche
« technocratique (procédures et protocoles), expriment sans doute sans
doute :
·
La perte du sens évoque l’absence d’une
ligne directrice, du projet de l’établissement. Il s’agit sans doute d’un
déficit de repère et d’attribution du sens par l’absence d’objectifs clairs et
aussi de façon de la façon dont on peut les réaliser (il s’agit d’un simple
accompagnement d’usagers autonomes ou d’une approche éducative ou
occupationnelle etc).
·
Le sentiment de
« déstructuration» des équipes, trahit sans doute l’absence des
projets d’unités communs, qui permettrait d’harmoniser les pratiques entre
les professionnels impliqués. A cela il faut ajouter le déficit d’organisation
« administrative » du groupe qui requiert une meilleure répartition
des tâches.
·
L’exigence
« technocratique », trahit sans doute les difficultés des
professionnels à répondre aux nouvelles exigences du métier. L’élaboration des
projets personnalisés, le respect des protocoles et de la démarche qualité,
complexifie un travail qui jusque là était exprimé d’une façon orale.
2.2.3 Le quotidien, l’équipe a évoqué la stratégie collective des
métiers », le besoin d’un soutien psychologique, et la valorisation des
agents de service au sein du dispositif global.
·
La stratégie collective
des métiers traduit une problématique professionnelle qui découle du phénomène
suivant : ces dernières décennies, on a créé plus de 50 métiers dans le
social, en les définissants par leurs objectifs tout en oubliant d’expliquer du
« comment » de leur réalisation. Indépendamment de cette
problématique de la prolifération qui complique l’exercice du travailleur
social ; les équipes sont confrontées à un morcellement du travail et de
l’accompagnement, éducatifs. Sans oublier que la hiérarchisation du travail
crée des antagonismes, des tensions, voire des conflits au sein d’un même groupe.
·
Le besoin d’une aide
psychologique, marque la détresse des professionnels, confrontés souvent à une
pathologie des usagers qui les dépassent. Celle-ci ne dégrade pas seulement
leur équilibre mental et psychique mais réveille aussi des problématiques
personnelles qui la plus part du temps demeurent inconscientes et ne
s’expriment qu’à travers divers symptômes. A cela il faut ajouter que « l’ignorance »
des maladies mentales comme la psychose, les déficiences et autres syndromes
psychiatriques, vient d’accentuer le malaise du professionnel qui a du ma à
comprendre ce qu’il subit de la part de l’usager.
·
Quant à la
« dévalorisation » des agents de services généraux, celle-ci peut interroger les
dirigeants quant à l’utilité ou pas de leur intégration au sein de la vie d’un
groupe donné où ils exercent régulièrement. Ces personnes en dehors de leur
spécificité technique, développent et entretiennent des relations avec les
usagers et de leurs problèmes et tracas. Dans ce cas se pose le problème des
rapports humains et la nécessité de les formaliser ou pas.
3. Propositions :
Le réexamen du compte rendu de ce groupe de travail, me fait supposer qu’il
faudrait sans doute prendre en compte et de traiter les points suivants
(en les intégrant sur la liste déjà proposée):
- L’exercice
de l’autorité (équipe de direction) qui garantit l’évitement des
« régressions professionnelles », de certains individus, source
probable de tensions et autres conflits divers.
- Clarifier
et signifier le sens du travail réalisé, en définissant clairement les
objectifs et par conséquent la « vocation » de ce foyer (projet de
l’établissement).
- Création
des projets d’unité (groupe), qui permettra d’harmoniser le travail de chaque équipe,
groupe ou unité.
- Une
plus rigoureuse définition de la répartition des tâches au sein de chaque
équipe et de l’organisation globale du foyer (éliminer les zones grises source
de « jeux d’acteurs ».
- Création
des groupes de supervision (à ne pas confondre avec l’exercice d’analyse de
pratiques qui lui, vise le renforcement de l’identité
professionnelle) ; sur une base de volontariat avec un professionnel
totalement extérieur à l’établissement. Il s’agit de traiter la souffrance ou
les traumatismes voire les problématiques individuelles des professionnels,
confrontés à une population souffrant d’une psychopathologie qui vient souvent
dégrader la santé mentale des intervenants.
- Le
renforcement à travers la formation continue, des notions théoriques, cliniques
et pratiques nécessaires pour armer les professionnels avec des outils
appropriés pour traiter la pathologie des usagers. Dans ce sens l’accent doit
être mis aussi sur les concepts éducatifs (du point de vue développemental) qui
servent de référence et peuvent structurer encore mieux leurs interventions sur
le terrain.
- Réexaminer la
nécessité ou pas de maintenir une hiérarchisation des différentes
qualifications qui composent l’ensemble de l’équipe ; en répartissant le
travail entre les membres en termes de responsabilités.
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